Carnet spécial : l'endométriose

Notre carnet spécial est consacré à une maladie encore malheureusement trop peu connue et qui, pourtant, est une maladie gynécologique fréquente, puisqu'elle concerne une femme sur dix, à peu près. Pour faire simple, elle est liée à la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus.

Différents organes peuvent être touchés. L’endométriose peut mettre de nombreuses années à être diagnostiquée car les douleurs (aigües) qu’elle provoque se manifestent pendant la période des règles, un moment habituellement inconfortable chez les femmes. Par ailleurs, elles peuvent générer de nombreuses douleurs dans le corps sans pour autant que leur intensité ne soit liée à la gravité de la maladie. Pour ces raisons, il se déroule parfois plusieurs années avant que la femme ne s'inquiète et que le diagnostic ne soit prononcé. Mais la pathologie peut avoir des conséquences importantes comme l’infertilité, la fatigue chronique et l’isolement.


Parmi les symptômes qui doivent alerter les femmes : - les douleurs liées aux règles qui deviennent un vrai handicap social, empêchant quelquefois d’aller travailler - les rapports sexuels engendrant des douleurs qui perdurent - un problème de stérilité ou d'infertilité - des difficultés pour uriner, des traces de sang dans les urines ou les selles.


Aussi, pour vous éclairer sur ce sujet difficile, nous vous proposons la lecture de ce CARNET SPÉCIAL. Parce que ce sont les personnes directement, ou même indirectement concernées, qui en parleront toujours le mieux, nous avons décidé de partager leurs témoignages !


Endométriose : le puzzle de la guérison Nous sommes allés à la rencontre de Séna Yolande, réflexologue et praticienne en Gestalt-thérapie à Saint-Jorioz. Elle accompagne des femmes souffrant de l’endométriose, pour mieux vivre sur les plans psycho-émotionnel et corporel, et à se reconnecter à leur féminité. Elle intervient également à la cure thermale de Challes-les-Eaux pour animer des cercles de parole.


Atteinte d’une endométriose profonde et sévère, elle a vécu un véritable calvaire pendant plusieurs années. Mais elle a cru fermement qu’une guérison était possible, et elle a tout mis en oeuvre pour y parvenir. Elle nous a raconté son parcours hors du commun, qui l’a menée jusqu’aux confins de l’Inde.


BELAM MAG : Quand as-tu su que tu avais l’endométriose ?

SENA YOLANDE : J’ai pu mettre un mot sur ma souffrance en 2009. Ma gynécologue a posé le diagnostic, après plusieurs années d’errance. Mais les symptômes ne datent pas d’hier ! Comme pour de nombreuses femmes, c’est un long et difficile parcours avant de pouvoir clairement identifier l’origine des douleurs menstruelles.


BM : Pour toi, les premières douleurs remontent à loin ?

SY : Oui ! J’ai eu mes premières règles à 14 ans et les douleurs sont assez vite apparues. Au début c’était gérable, mais cela s’est rapidement intensifié. Dès 16 ans, j’ai commencé à prendre des traitements à base de plantes pour soulager les douleurs chaque mois. Cela a pratiquement pris 10 ans pour que l’on me parle d’endométriose !


BM : Tu as toujours pu gérer la douleur ?

SY : La douleur et moi, c’est une longue histoire ! Mon premier gynécologue m’a prescrit de l’Antadys. C’est un anti-inflammatoire que connaissent bien les femmes atteintes d’endométriose. Au début, cela m’aidait bien. Je prenais un comprimé au début de mon cycle et cela suffisait. C’était la pilule magique ! Mais au fil du temps, j’ai dû augmenter la dose. Après 3 ans, je prenais un comprimé par jour jusqu’à la fin du cycle. Au bout de 5 ans, j’ai augmenté la dose jusqu’à 3 comprimés par jour mais cela ne faisait plus vraiment effet. J’ai appris récemment qu’à la longue ce médicament peut avoir des effets néfastes sur la fertilité.


BM : C’est quoi comme type de douleur. Peux-tu nous la décrire ?

SY : Ça commence dans le bas-ventre. C’est un peu comme si on y avait oublié des aiguilles ! C’est une sensation de déchirement. Il n’y a pas de bonne position pour soulager la douleur. Je me mettais le plus souvent en positon fœtale et je ne bougeais plus. Et pour moi, cela occasionnait aussi des douleurs dans le dos, de fortes migraines et des nausées. Mais c’est différent pour chaque femme.


BM : Comment as-tu fait lorsque l’antidouleur ne faisait plus effet ?

SY : Je suis passée par plusieurs phases. Au début, je prenais du Doliprane en plus, mais cela n’a plus suffit très rapidement. Après, mon gynécologue m’a fait passer à la Lamaline. À un moment, j’en prenais jusque 6 par jour, mais cela ne marchait pas vraiment. Après cela, c’est devenu un cocktail à base notamment d’Ibuprofène, de Tramadol ou de Kétoprofène. Mon mari était vraiment inquiet… Et malgré tout cela, je n’étais pas vraiment soulagée. La douleur restait lancinante, elle me collait à la peau. D’autant plus qu’au début les douleurs ne duraient qu’une semaine. J’avais trois semaines par mois pour profiter de la vie ! Puis c’est devenu deux semaines de tranquillité, une semaine avec les symptômes qui montaient crescendo, et une semaine au tapis. Et il y a quelques années, c’était tous les jours. Pas un jour sans douleur.


BM : Quand plus rien ne soulage, on fait quoi ?

SY : On devient folle ! Mon mari ne supportait plus de me voir souffrir. Une fois, il m’a amené aux urgences. Ils m’ont prescrit des gélules à base de morphine. Mais cela n’a pas fait grand-chose, à part me constiper ! C’est une spirale infernale. J’ai découvert ce que « chronique » voulait vraiment dire. Il n’y a pas d’accalmie, ou très rarement. De 2015 à 2017, j’ai pris des médicaments pratiquement tous les jours. Avec les douleurs, j’ai commencé à être sujette à l’insomnie. Peu de sommeil, plus de vie sociale, ni professionnelle… Je suis une dure à cuire, mais j’ai fini par tomber en dépression !


Retrouvez la suite du carnet spécial en version papier


Article écrit par Séna Yolande MÉDARD


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