Apprenons à approvisionner les émotions

La colère me dit que mes valeurs ne sont pas respectées, la tristesse que quelque chose vient de se terminer, qu’une page se tourne. Et la peur me direz-vous ? Que je dois réagir et lui faire face en agissant. En somme, ces 3 émotions ont, entre autres objectifs, de nous remettre en action pour retrouver notre émotion de base, la joie.

Lorsque des émotions négatives telles que colère, tristesse et peur traversent vos enfants ou vous-même, la première étape est de la nommer en l’évoquant à haute voix, c'est-à-dire en la posant : je suis en colère, je suis triste, j’ai peur, ce qui permet d’extérioriser votre ressenti.


Ensuite, il est essentiel de la graduer de 1 à 10, 1 exprimant le minimum et 10 le maximum. Cela permettra à votre entourage et à vous-même de prendre conscience de votre humeur actuelle et de mieux appréhender vos réactions.


Enfin, vivez, ressentez cette émotion dans votre corps. Elle peut prendre par exemple, la forme symbolique d’une boule d’énergie irradiante en vous, d’une tête prise dans un étau ou d’un cœur brisé, etc.


Visualiser ses ressentis les yeux fermés participe à faire disparaître votre colère… Pour cela, visualisez cette boule d’énergie irradiante, dites-lui et faites-lui ce que vous souhaitez, vous avez carte blanche. Le choix le plus efficace consiste à la détruire mentalement, l’objectif étant de la faire totalement disparaitre. Votre cerveau comprendra le message car il donne un réel pouvoir à votre imagination. En tant que praticienne en neurothérapie, mon expérience auprès des enfants m’a permis de réaliser qu’ils avaient peur de dire ce qu’ils ressentent à leurs parents. A l’occasion d’un atelier de gestion des émotions, dix enfants étaient présents, la majorité n’osaient pas confier leurs émotions et leurs ressentis, de peur de déclencher de la colère chez leurs parents.


A ma demande et avec leur accord, ils ont mis en pratique l’exercice consistant à exprimer à leurs parents, à l’occasion d’une prochaine colère, leurs ressentis.

Lors de l’atelier qui a suivi, l'un des enfants a partagé la scène qu’il avait vécue : "en rentrant de l’école, ma maman m’a mis en colère, je lui ai dit : je suis en colère contre toi, je n’ai pas envie d'en parler maintenant. Je vais aller dans ma chambre pour me calmer. Et peut-être en parler tout à l’heure si j’en ressens le besoin. Plus tard, apaisés, ma maman et moi avons pu en parler calmement".


Tout le groupe l’a remercié pour ce beau témoignage qui a permis de comprendre que, sous le coup d’émotions par Rachel 73 négatives trop vives, il est conseillé de s’apaiser avant d’entamer un dialogue de raisonnement. Par la suite, les retours des parents ont tous été positifs.


A propos de la tristesse, les larmes permettent la libération d’hormones qui sont toutes sécrétées en réponse à un état de stress. En voyant votre enfant pleurer, l’accompagner vers un mieux-être passe par une bienveillance envers ses émotions, en lui signifiant que vous êtes disponible pour lui s’il en ressent le besoin. À ce stade, la question habituelle du "pourquoi" chez l’adulte est inopportune car l’enfant n’est pas toujours en mesure de mettre des mots sur la cause de son mal-être. En outre la question "que ressens-tu à l’intérieur de toi ?" est plus judicieuse car elle permet de prendre en compte le ressenti de l’enfant, qu’il soit émotionnel, physique et/ou mental… Il peut être en colère contre lui-même, culpabiliser, avoir honte… Il est nécessaire de lui laisser le choix de vous l’exprimer ou pas !!! Ce sont nos inquiétudes qui nous poussent en tant que parents à vouloir connaître le pourquoi.

Savez-vous que 92% de nos peurs sont infondées contre 8% seulement qui sont réelles ? De fait, nous avons là un antistress naturel alors autorisons-nous à pleurer, laissons sortir cette émotion, trop largement considérée comme une faiblesse. Cela réduira les statistiques, qui montrent que nous sommes de grands consommateurs d’antidépresseurs !


Il est important de :

• Pleurer quand nous en avons besoin, car les larmes libèrent les hormones du stress.

• Visualiser un volcan où jeter à l’intérieur tout ce qui est désagréable en nous, ou l’écrire puis déchirer et jeter cet écrit.

• Raconter dans les détails les scènes que nous avons vécues avec de la colère, de la peur, de la tristesse, de la joie débordante etc, car le fait d’exprimer libère.

• Taper dans un oreiller ou un punching-ball et/ou crier dans la forêt, quand la colère ou la frustration sont trop grandes.

• Faire du sport/bouger et/ou faire de la méditation car cela génère les hormones du bonheur.

• Mémoriser et se concentrer grâce à la pratique de l’attention : se focaliser sur un son, une image ou un objet comme ci-contre avec la bouteille relaxante. L’enfant est une personne à part entière, faisons-lui confiance et accompagnions-le afin qu’il devienne un adulte épanoui, avec ses propres besoins, croyances et valeurs.


Article écrit par Rachel ÉVRARD


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