Carnet spécial : mars bleu - témoignage

Pascal, 36 ans, marié et heureux dans son couple, père de deux enfants, marathonien à ses heures, analyste financier, un achat immobilier en projet… et tout d’un coup, le verdict : cancer du rectum. Ablation d’une partie du rectum lors d’une opération de 4 heures, pose d’une poche de colostomie, chimiothérapie, radiothérapie, rééducation post-opératoire... Voici son témoignage sur la traversée de cette épreuve

Comment avez-vous vécu l’annonce du cancer qui vous touchait ? On était à l’hôpital pour des examens avec ma femme. Le médecin est entré dans ma chambre pour nous donner le diagnostic. On ne se doutait de rien, on écoutait mais on n’imaginait pas encore la gravité de l’annonce qui allait nous tomber dessus. Puis il a mentionné le nom cancer.


Ma femme s’est effondrée. Moi je l’ai regardé droit dans les yeux sans bouger. Je ne voulais pas montrer ma peine. Je n’ai pas versé la moindre larme. J’ai consolé ma femme. Je l’ai rassurée. J’ai dû rester à l'hôpital. Quand le médecin est revenu me voir vers 22 h 00, j’ai repris la même posture : ne pas montrer ma peine. Il m’a demandé comment j’allais, puis si j’avais des enfants et quel était leur nom ; touché au cœur, je me suis effondré. Le masque tombé, ma peine était immense. J’étais très fragile. Ma femme m’a beaucoup soutenu, d’ailleurs je ne la remercierai jamais assez pour le soutien et l’amour qu’elle m’a apporté durant cette période. Je voulais lui demander qu’elle refasse sa vie si jamais je devais partir, elle ne m’en a pas laissé l’occasion ; elle m’a simplement dit qu’il n’y avait pas de raison de parler de cela puisque j’allais guérir. Ensuite, pendant longtemps chaque matin, je me réveillais en pensant que je vivais un cauchemar.


Puis on prend les devants, on s’investit, on s’entoure des bonnes personnes et on essaie de prendre les choses avec plus de recul. Comment vous êtes-vous senti dans votre masculinité ? On est extrêmement fragilisé dans ces circonstances. J’avais une bonne situation, je pouvais subvenir aux besoins de ma famille. Puis tout d’un coup, je passais des journées entières au lit, j’étais épuisé à la moindre activité. Je me suis beaucoup reposé sur ma femme. Elle m’a énormément aidé durant cette période. Elle a pris soin de notre famille et m’a soutenu durant tout ce parcours. Par contre, je suis toujours resté avant tout son mari et non son patient. On a conservé une vie de couple tout à fait normale.


Du point de vue de ma masculinité, j’accepte peut-être plus facilement mes fragilités. J’ai changé de vision des choses sur la notion de performance sportive, professionnelle et sociale. En tant que père, cela a-t-il changé votre relation à vos enfants ? À l’époque, mes enfants avaient 4 et 5 ans. On leur a simplement dit que j’avais un “bobo” au ventre. Ils étaient petits. Ils n’ont pas réalisé ce qui se passait. J’étais des fois là, des fois à l'hôpital mais c’était devenu normal pour eux. Ils ont été une vraie force pour moi pour continuer d’avancer, mais aussi une source d’angoisse car j’avais peur de les laisser. Alors on profite…


On leur a annoncé récemment le mot de cancer, alors que j’étais guéri. D’eux-mêmes, ils n’ont jamais abordé le sujet. Depuis qu’ils savent, ils ont posé quelques questions mais c’est très vite passé. La maladie a finalement pris très peu de place dans notre foyer. En parallèle des traitements de la médecine allopathique, avez-vous eu recours à des médecines complémentaires, dites médecines douces ? J’ai sonné à toutes les portes car je voulais de l’aide. J’ai essayé le yoga, la sophrologie, les médecines complémentaires. J’ai trouvé beaucoup de réconfort dans la sophrologie. J’ai eu la chance de trouver la bonne personne, elle m’a été d’une grande aide. Grâce à la sophrologie, j’ai pu trouver de la sérénité dans ce parcours compliqué. J’ai appris à focaliser sur le moment présent. On a pu également anticiper les différentes étapes comme les opérations chirurgicales, les traitements, les rendez-vous médicaux...


Article écrit par Nathalie DELAUNAY et Pascal.


Retrouvez cet article en intégral à la page 16 du magazine #4 de l'hiver

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